Épuisement professionnel : ce qu’il faut savoir pour se protéger

Rédigé le 21/09/2026

Le « burn-out » touche de plus en plus de travailleurs en France, mais il reste mal compris et peu reconnu. Le psychiatre Patrick Légeron décrypte les signaux d’alerte et livre des conseils pour prévenir ce syndrome d’épuisement professionnel.

Quels sont les signaux d’alerte à repérer ?

Le burn-out représente la phase ultime du stress. Le stress est un phénomène naturel qui stimule l’action. Mais lorsqu’il devient chronique, il se transforme en hyper-stress, véritable antichambre du burn-out.

Pour prévenir le burn-out, il faut donc savoir reconnaître l’hyper-stress. Trois types de signaux doivent alerter : 

  • les signes physiques : douleurs, palpitations, troubles du sommeil ou digestifs, sans cause médicale apparente,

  • les signes psychologiques : une personne d’ordinaire douce et optimiste peut devenir irritable, anxieuse, colérique, 

  • les signes comportementaux, notamment un repli sur soi-même et une augmentation de la consommation d’alcool, de café, de tabac… 

Il est crucial d’apprendre à reconnaître ces signes et d’agir dès qu’ils apparaissent, au même titre qu’il faut consulter un médecin lorsque l’on tombe malade.

Que peut-on faire, à titre individuel, pour éviter l’hyper-stress ?

Le stress a envahi nos vies professionnelles, sociales, urbaines. Il n’épargne personne.

Pour y faire face, il est essentiel d’augmenter sa résistance. Cela peut se faire de plusieurs manières en prenant soin de :

  • son corps grâce à une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, et en limitant les substances toxiques,

  • son mental, via la méditation, la relaxation, les exercices de respiration ; de sa vie sociale, en développant un réseau de personnes sur lesquelles on peut compter, 

  • ses émotions : il est essentiel de développer son intelligence émotionnelle, de comprendre et de réguler ce que l’on ressent.

L'équilibre entre la vie professionnelle et personnelle a-t-il aussi un rôle à jouer ?

Pour se protéger du surmenage, il est essentiel d'avoir une relation saine avec son travail. Il n'est pas question ne plus s’y investir, mais plutôt de cultiver les autres aspects de sa vie : ses amis, sa famille, ses hobbies… Pour faire une analogie financière, il ne faut pas placer tout son capital émotionnel au même endroit.

Quelle est la part de responsabilité des entreprises ?

Elle est considérable. La France accuse un retard en matière de santé mentale au travail : les salariés français sont les Européens qui disent ressentir le plus de stress au travail. Les entreprises doivent faire plus de prévention.

Le bien-être au travail, ce n’est pas investir dans le baby-foot ou des cours de yoga dans l’entreprise. C’est le sens, l’autonomie, la reconnaissance, la participation aux décisions et des relations sociales saines, notamment avec son supérieur hiérarchique. Pour 60 % des Français, il est une source de stress. 

source : info.gouv

https://www.info.gouv.fr/actualite/epuisement-professionnel-ce-qu-il-faut-savoir-pour-se-proteger