À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, les chiffres dressent un constat clair sur l’épargne et l’investissement des femmes en France.
Indépendance financière en tête des priorités
En 2025, 50 % des Français citent l’indépendance financière comme premier facteur d’épanouissement pour une femme (contre 25 % en 1987), tandis que la dimension familiale passe de 52 % à 27 %.
Pour 55 % des femmes, être indépendante financièrement signifie d’abord « ne pas dépendre d’autrui », en particulier d’un conjoint.
Des freins structurels qui pèsent sur le patrimoine
Selon une enquête Ifop pour la France Mutualiste, trois freins principaux à l’indépendance financière des femmes sont identifiés :
- emplois moins rémunérés (59 %),
- temps consacré à la famille (44 %),
- maternité et carrières hachées (44 %).
Ces freins se retrouvent dans les chiffres (baromètre AMF) :
- revenu mensuel moyen : 3 500 € pour les femmes vs 4 200 € pour les hommes,
- patrimoine financier moyen : 53 000 € pour les femmes, soit 65 % de celui des hommes (82 000 €).
Les femmes épargnent autant… mais investissent différemment
Sur les produits sans risque, la parité est réelle :
- 72 % des femmes détiennent au moins un livret réglementé, un taux identique à celui des hommes.
En revanche, les écarts apparaissent dès que les placements gagnent en dynamisme (Ifop, AMF) :
- assurance-vie : 31 % des femmes (−7 points vs les hommes),
- PEA : 10 % (−9 points),
- compte-titres : 8 % (−6 points),
- investissement « en direct » (Bourse, crypto-actifs) : 24 % des femmes vs 45 % des hommes,
- détention d’actions : 19 % des femmes vs 34 % des hommes,
- détention de crypto-actifs : 5 % vs 15 %.
Au total, les femmes ne représentent que 38 % des investisseurs en Bourse et 26 % des détenteurs de crypto-actifs.
Risque et confiance : des perceptions différentes
- 51 % des femmes refusent tout risque sur leurs placements (vs 31 % des hommes),
- seules 34 % accepteraient un risque pour un meilleur rendement (vs 57 % des hommes),
- 28 % se jugent bien informées sur les placements financiers (vs 51 % des hommes).
Le critère jugé le plus important par les femmes pour un placement est l’absence de risque de perte en capital (36 % vs 31 % des hommes), avant le rendement.
Des évolutions nettes, surtout chez les plus jeunes
Les données récentes montrent toutefois une progression :
- part de femmes déclarant investir en direct : 21 % en 2023, 23 % en 2024, 24 % en 2025,
- intérêt pour les actions : 17 % en 2022, 25 % en 2025,
- confiance dans les actions : 15 % à 24 % sur la même période.
Chez les femmes de moins de 35 ans, de catégorie socioprofessionnelle supérieure :
- 48 % déclarent détenir au moins un produit d’investissement (2 fois la moyenne féminine),
- 61 % acceptent un peu de risque (vs 34 % pour l’ensemble des femmes),
- 69 % pourraient envisager d’investir en actions à court ou moyen terme.
Ce que ces chiffres illustrent
- Un recours plus important aux supports sécurisés,
- un patrimoine financier moyen inférieur de 35 % à celui des hommes,
- des écarts d’investissement qui tendent à se réduire chez les nouvelles générations et les profils les plus diplômés.
En cette journée du 8 mars, ces données rappellent que l’égalité économique et l’indépendance financière restent un enjeu central des droits des femmes.
Sources : Étude Ifop pour La France Mutualiste, « Enquête sur les 60 ans de l'indépendance financière des femmes », juin 2025 (n° 2490).
Baromètre AMF de l'épargne et de l'investissement, Audirep pour l'AMF, octobre 2025 (n=2 120) — Focus « Les femmes et l'investissement », mars 2026.

