BCE : une hausse des taux directeurs attendue

Rédigé le 19/09/2026

Confrontée à l'envolée des prix de l'énergie alimentée par la guerre au Moyen-Orient, la Banque centrale européenne devrait relever ses taux .

Le principal taux directeur, sur les dépôts, devrait être relevé d'un quart de point, à 2,5%, à l'issue d'une réunion de politique monétaire délocalisée à Berlin, d'après les attentes d'analystes.

Après un premier relèvement en juin, la BCE reste confrontée à une poussée inflationniste alimentée par une hausse des prix du pétrole, conséquence des hostilités entre les États-Unis et l'Iran mais aussi celles opposant rebelles houthis du Yémen, soutenus par Téhéran, à l'Arabie Saoudite, allié de Washington. Le baril de Brent a franchi le seuil des 100 dollars mercredi, pour la première fois depuis fin juillet, alors qu'au cœur des affrontements entre saoudiens et rebelles yéménites figure le détroit de Bab el-Mandeb, de plus en plus utilisé par l'Arabie saoudite pour acheminer une partie de ses livraisons. En outre, les espoirs d'une reprise rapide des flux énergétiques via le stratégique détroit d'Ormuz se sont éloignés.

Dans une zone euro fortement dépendante des importations d'énergie, l'inflation a atteint en août 3,3%, le plus haut niveau depuis trois ans, bien au-dessus de l'objectif de 2% fixé par la BCE. Le conseil des gouverneurs, qui réunit 27 membres autour de la présidente Christine Lagarde, devrait donc resserrer les vannes du crédit, assumant des conséquences sur les prêts immobiliers, le financement des entreprises et les émissions de dette des États.

La BCE ne peut rien contre une flambée des prix de l'énergie provoquée par les tensions au Moyen-Orient, mais elle surveille de près des effets dits de second tour sur les salaires et les prix. Ils sont susceptibles d'entretenir durablement l'inflation et ainsi d'obliger à poursuivre le durcissement de la politique monétaire. Mais « jusqu'à présent la grande modération de l'inflation hors énergie montre qu'il est difficile de déceler de tels effets », fait valoir Eric Dor, directeur des études économiques à l'IESEG School of Management. Aussi, Mme Lagarde devrait donner « peu d'indications concrètes (...) quant à l'évolution future des taux », anticipe Dirk Schumacher, chef économiste de la KfW. Et l'économie de la zone euro continue de faire preuve d'une certaine résilience, atténuant les craintes qu'un coût du crédit plus élevé pèsera trop lourdement sur l'activité.

SOURCE MONEYVOX https://www.moneyvox.fr/banque/actualites/110308/bce-une-hausse-des-taux-directeurs-attendue-jeudi-du-suspense-pour-la-suite