La mort du chèque en France est-elle imminente ?

Rédigé le 30/09/2026

Dans moins de deux ans, l'Australie va tirer un trait définitif sur le chèque comme moyen de paiement. Qu'en est-il en France, où son usage est également en déclin accéléré ? On fait le point sur les tenants et les aboutissants de la possible mort du chèque.

Australie n'est pas le premier pays à prendre ce chemin. Plus près de nous, la Finlande l'a fait dès 1993, les Pays-Bas en 2001 et le Danemark en 2017 (1). Pourquoi ces pays ont-ils décidé de se débarrasser du chèque ? Et va-t-on faire de même en France ?

Où en est-on en France en termes d'usage ?

En France également, l'usage du chèque diminue, et depuis longtemps. Selon les derniers chiffres publiés par la Banque de France, à l'occasion du rapport 2025 de l'Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP), le nombre de chèques émis a diminué de 61% depuis 2018, soit un repli de près de 13% par an en moyenne. Il a en particulier connu un fort décrochage en 2020 (-26%), au moment de la pandémie de Covid. Un palier qui n'a pas été rattrapé ensuite.

Le chèque reste un moyen de paiement couramment utilisé : il représentait toujours 1,9% des paiements hors cash en 2025 (certes, contre 20% en 2008), et près de 1% des montants payés. L'an dernier, ce sont encore 674 millions de chèques qui ont été émis, soit plus de 11 par an et par personne majeure, et 331 milliards d'euros qui ont changé de mains grâce à lui.

En résumé, l'usage du chèque est très clairement en déclin en France ? mais ce déclin est moins rapide qu'il ne l'est  dans la plupart des autres pays. Cela vient notamment du fait que le chèque est gratuit en France pour ses usagers : la loi interdit aux banques de le facturer.

Quels avantages à se débarrasser du chèque, et pour qui ?

Côté usager, l'usage du chèque présente quelques risques. Il génère d'abord des risques de fraude. Toujours selon le rapport 2025 de l'OSMP, le chèque a généré 69 euros de fraude pour 100 000 euros de paiement, un montant plus de 6 fois supérieur à celui de la carte (hors paiements à distance), plus de 7 fois à celui du paiement mobile et plus de 10 fois à celui du virement initié en ligne. Il représente au total 1,9% des paiements hors cash, mais 19% du montant de la fraude.

Il présente également pour certains usagers des risques d'incidents de paiement pour certains usagers déjà fragilisés, puisqu'il ne permet pas le contrôle du solde et que son encaissement est différé dans le temps.

Or les conséquences d'un chèque sans provision sont souvent lourdes : importants frais d'incident et risques d'interdiction bancaire.

Comment se passera la disparition du chèque ?

Il paraît aujourd'hui peu probable que l'État décide d'un arrêt brutal du chèque. « La question se posera peut-être un jour lorsque l'usage résiduel sera trop faible. »

 

MONEY VOX https://ww.moneyvox.fr/banque/actualites/110382/la-mort-du-cheque-en-france-est-elle-imminente?